Sa Vie

Octave Louis Heulhard, connu sous le nom d' Arthur Heulhard, est né à Lormes dans la Nièvre, berceau de sa famille, le 11 mai 1849.
Orphelin à 12 ans, et légalement émancipé à 17 ans, il fait le choix de vivre à Paris où il s'installe dès 1866. Remarquablement instruit, sachant le latin et le grec, il se plait à écrire.
Il entre très jeune dans l'univers du journalisme en particulier dans la presse démocratique parisienne ¹ et se fait connaître par ses articles dès 1870 pour "La Réforme" où il est secrétaire de rédaction, le "Courrier français" qui lui confie une chronique politique quotidienne mais cessera de paraître au moment où les Allemands envahissent Paris. Il écrit également dans l’hebdomadaire le "Courrier de Paris".
Son amour de la musique et du théâtre le conduit à écrire des articles de critique musicale et dramatique et à collaborer dans divers journaux comme "La Vérité", L'Art", "La France Chorale", "L'Art Musical", "L'Evénement"; il a rédigé La Chronique Parisienne des “Nouvelles de Paris". Voyageur infatigable, il fera ultérieurement carrière au Figaro comme grand reporter, en même temps que Chincholle.
Parallèlement à ses activités de journaliste, il a fondé et dirigé "La Chronique Musicale", revue bimensuelle de l'art ancien et moderne en 1873, et avec Jules Noriac "Le Moniteur du Bibliophile", gazette littéraire, anecdotique et curieuse en 1878.
Dès 1870 il publie également ses premiers livres consacrés à la musique et au spectacle. Dans la décennie suivante 1880-1890 il fait éditer la plupart de ses travaux sur Rabelais. Pour son ouvrage "Rabelais. Ses voyages en Italie. Son exil à Metz", il refera intégralement le voyage en Italie sur les traces de son sujet.
Le 26 janvier 1880 il fut admis comme sociétaire à la Société des Gens de Lettres et pour son livre "Villegagnon, roi d'Amérique (1510-1572). Un homme de mer au XVIème siècle", il reçut une médaille d'argent dans le cadre de l'Exposition Universelle. Ce livre a été couronné par L'Institut.
castello Il se consacre ensuite à partir de 1893 à la préparation d'un immense projet, la reconstitution du Vieux Paris sur le Quai de Billy, dans le cadre de l'Exposition Universelle du 1900 ² . Il publie dès 1896 "La Finance à l'Exposition 1900: La Ville de l'Or (Le Pont au Change), projet d'une exposition financière”.
Sa collaboration avec Albert Robida pour les illustrations de son livre "Entre deux stations" paru en 1887, préfigure celle qui permettra au projet du Vieux Paris d'advenir. Arthur Heulhard était l’unique mécène de ce projet grandiose. “C’était la première fois qu’une entreprise privée était admise à jouer un rôle aussi important à côté des édifices officiels, dans l’effet général d’une Exposition” ³ .
Après 1900 il travaille encore quelques temps au Figaro où il dirige les services de publicité et décide de se retirer avec son épouse et ses enfants au Château de Bordeaux à Villevaudé en Seine et Marne, afin de se consacrer à son oeuvre majeure sur les origines du christianisme. Il publie entre 1904 et 1914 la conclusion de ses travaux de recherche, soit 17 volumes dont les 11 volumes de "Le Mensonge Chrétien". Pour ce faire, il crée sa propre maison d'édition, rue Saulnier à Paris.
Personnage réservé quant à sa vie privée, grand érudit, apprécié de ses collaborateurs, de ses confrères 4 pour sa serviabilité, son sens de l’humour, son altruisme, il est décédé brutalement à Troyes dans l’Aube, en Champagne, le 2 janvier 1920.



Notes

1 Dictionnaire de Biographie Contemporaine de Adolphe Bitard, 1887.    
2 lemog.fr .    
3 Anonyme. Le vieux Paris : guide historique, pittoresque et anecdotique, 1900.    
4 Article d’Emile Berr le 12 janvier 1920 dans le Figaro.    


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